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Les excuses officielles et les actes de reconnaissance

Depuis 2015, plusieurs institutions publiques et religieuses ont posé des actes importants de reconnaissance envers les métis des colonies belges. Ces gestes marquent des étapes significatives dans la prise de conscience des injustices subies et dans le processus de réparation.


Le pardon officiel du Gouvernement flamand

Le 24 novembre 2015, le Gouvernement flamand a présenté des excuses officielles aux métis victimes de séparations, de placements et d’adoptions forcées par l’entremise des autorités coloniales belges et avec la complicité des institutions religieuses flamandes.

Ce geste politique reconnaît notamment :

  • la ségrégation ciblée envers les enfants métis issus d’unions mixtes proscrites par les autorités coloniales
  • les séparations forcées des bébés et des jeunes enfants de leurs mères africaines
  • les placements en institutions
  • les adoptions forcées
  • la souffrance psychologique engendrée

Le Gouvernement flamand a été le premier à poser ce geste mémoriel, marquant un tournant dans la reconnaissance de la ségrégation subie par les métis coloniaux.


Le pardon officiel de l’Église catholique

Le 25 avril 2017, au Sénat, l’Église catholique exprime publiquement ses excuses envers les métis des colonies belges.

Elle reconnaît sa participation :

  • aux placements dans des institutions religieuses en territoires coloniaux
  • aux placements en familles d’accueil
  • aux adoptions après les indépendances en Belgique, en Europe et aux États-Unis (1960-1962)

Les évêques expriment également la nécessité :

  • de donner accès aux archives personnelles
  • de regrouper ces archives

Ces excuses ont été prononcées par l’Évêque d’Anvers Johann Bonny.

Sources

Les excuses du Gouvernement belge

Le 4 avril 2019, le Gouvernement belge, par son Premier ministre Charles Michel, présente ses excuses aux métis des colonies belges ainsi que sa compassion envers les mères africaines à qui leurs enfants ont été arrachés.

Ce pardon s’inscrit dans une dynamique plus large de reconnaissance, aux côtés de la Résolution-métis adoptée en 2018 par la Chambre des représentants.

Il constitue une étape importante en soulignant publiquement la douleur des mères séparées de force de leurs enfants en bas âge.

Sources

Portée et signification de ces excuses

Un pardon officiel représente un premier pas déterminant vers la reconnaissance, mais il ne répare pas à lui seul les blessures profondes du passé.

Ces gestes constituent des avancées importantes dans un processus plus large visant :

  • la reconnaissance des injustices
  • l’accès aux archives
  • la réparation morale et administrative
  • la transmission de la mémoire
Pour en savoir plus

Un acte majeur dans la reconnaissance des métis

Le procès historique des 5 femmes métisses

Le 13 octobre 2021, un premier procès historique en première instance est intenté par 5 femmes métisses congolaises contre l’État belge pour crimes contre l’humanité commis durant la période coloniale.

Ces femmes ont porté plainte face :

  • à l’absence de réparations
  • à la lenteur d’accès à leurs dossiers
  • aux conséquences durables des politiques coloniales

Nées entre 1948 et 1952 au Congo belge, elles représentent en réalité des milliers d’enfants métis qui ont été soustraits à leurs familles par l’administration coloniale au Congo et au Ruanda-Urundi. 


2 décembre 2024 : une victoire historique

Le 2 décembre 2024, les 5 femmes obtiennent gain de cause en appel.

Cette décision constitue :

  • une victoire judiciaire majeure
  • une reconnaissance importante pour les métis d’origine coloniale
  • une décision susceptible de faire jurisprudence

L’AMB/MVB salue le courage de ces cinq femmes, dont l’action a permis de faire progresser la reconnaissance des injustices subies par les métis des colonies.

Sources